Alain-Gérard SLAMA a souhaité mettre en évidence « l’absurdité du déni de soi qui dévore la France et l’Europe confrontées à une guerre culturelle et idéologique comparable par sa radicalité, sinon par sa violence, à la seconde guerre mondiale... ».
Il a insisté sur cette tentation permanente au cours du dernier siècle de remettre en cause l’héritage des Lumières. Ce projet ne devait pas s’appliquer au seul 19ème siècle mais s’inscrivait dans la durée. Ces principes sont d’ailleurs inscrits dans le Préambule de notre Constitution. La pensée du 18ème siècle a placé la liberté avant l’égalité. L’homme est libre, cette idée est consubstantielle à la nature humaine. L’égalité est historique. La notion d’identité s’est développée au cours du 19ème siècle. Selon Renan, la définition de l’identité française est cette « volonté de vivre ensemble ». Toutefois, Alain-Gérard SLAMA insiste sur les dangers de la notion d’identité hyper valorisée aujourd’hui. L’identité cantonne l’individu à une seule de ses appartenances et à travers l’identité, des phénomènes communautaires se développent. Dans ce cas, le principe d’égalité de tous devant la loi sans distinction de sexe, de race ou de religion est remis en cause. « On ne peut être fier que de ce que l’on fait, pas de ce que l’on est : on ne peut être fier de sa naissance, tout au plus éprouve-t-on un devoir d’en faire quelque chose ». Cette idée est une des matrices de la crise française, de notre modèle qui est bien celui, laïc, hérité des Lumières. Pétain avait construit son régime autour de la communauté.
Alain Gérard SLAMA estime dangereux que ce soit les groupes ethniques, religieux, corporatistes qui décident des lois sur les libertés publiques, des candidats qui doivent se présenter aux élections, des recrutements qu’il faut privilégier, de ce qui peut et ne peut pas être dit. L’individu ne doit pas être exclu sous prétexte qu’il déplaît à une communauté ou ne se reconnaît pas dans une identité.
Alain Gérard SLAMA et Jacques TOUBON concluent cette soirée en indiquant que notre modèle républicain est solide, qu’il peut parfaitement répondre aux défis du monde moderne. Face aux dangers, l’heure n’est surtout pas au compromis, il faut prendre appui sur les piliers de notre culture républicaine issue des Lumières (la volonté générale, la liberté, l’égalité devant la loi, la laïcité...). Il n’y a pas de négociation possible entre les idéologies totalitaires et l’héritage des Lumières. Seul l’esprit critique nous préservera de cette dérive.
Marina ATTALI
Secrétaire Nationale
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