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QUATRE HEMORRAGIES FRANCAISES
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PERSPECTIVES DE L’ECONOMIE FRANCAISE ET STRATEGIE DE REFORME (2006-2012) par Maxime MAURY, Vice Président du Club89
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La période se prête-t-elle à réflexion ?
par Michel FERRIER, Délégué National aux Etudes

La période se prête-t-elle à réflexion ? Est-elle un bon moment pour les Clubs 89 ? Voilà une question habituelle, à laquelle nous sommes souvent tentés de répondre par la négative.

Il n’en est pourtant rien. La conjoncture s’y prête en effet, malgré une apparence de brouillard tenace.


Nous sommes à deux ans d’une présidentielle, et la gauche avoue ouvertement son absence de projet pour soutenir un candidat qu’elle aura du mal à choisir. De notre côté, quel que soit le porte fanion, il faudra des idées, à la fois des neuves et des anciennes qui ne sont pas encore mises en œuvre, des propositions pétillantes et d’autres bien ancrées dans le réel.

Cette simple formulation est un appel à piocher dans le stock de nos travaux qui ne s’étiolent pas aussi vite qu’on le croit et à les présenter sous une nouvelle forme rénovée,à en lancer de nouveaux, ambitieux et sortant des sentiers battus, à rester attentifs aux trouvailles du parti socialiste.

Après les nationalisations et les 35 heures, quel sera leur prochain grand chantier à contre-courant du bon sens ?
La liste des idioties est trop vaste pour qu’une prévision puisse être faite. Il faudra donc la réactivité des commissions et des clubs de province pour y parer et éviter à la France un autre grand fardeau.
-  Un petit tour vers le travail récemment effectué devrait inciter à y lire les prémices de ce grand programme de travail pour le Club. Ce faisant, plus je m’attirerai de foudre de la part de ceux que je n’aurai pas cité, plus je démontrerai notre vitalité. J’attends ces foudres. La loi sur l’école va sans doute aboutir dans les semaines qui viennent. Elle n’inclura pas de modifications du baccalauréat, mais elle posera un principe absolu, celui du « socle ». Le Club n’avait rien dit du bac. Mais, s’il n’avait pas prononcé le mot socle, son contenu était omniprésent dans le message qui a soutenu son colloque d’octobre dernier, « Une école pour la France du XXIème siècle », et le dossier alors transmis aux responsables du pays. Le Club voit donc le gouvernement solidement attaché à l’un de ses messages centraux et s’en réjouit. Avec la loi, avec le succès de notre colloque, tout est-il dit ? Certainement pas ! La commission Ecole a donc continué à préciser ses propositions, et affiné les moyens de les mettre en œuvre.

-  Autre grande affaire, la culture. Le Club avait su être au plus près de l’actualité avec sa proposition de fonds pour le règlement de la crise des intermittents. Il s’attaque maintenant à des questions de fond, celles-là même que les politiques peuvent négliger car trop techniques et trop sociologiques, laissant à nos adversaires le soin de définir les concepts et les idées générales.

Le premier chantier est celui de la déconcentration, analysée sans la moindre visée partisane. C’est un fait que, globalement, elle est dans le sens du mouvement. Mais elle ne se fait pas aussi bien qu’espéré. Sans même invoquer quelque calcul politicien de réserve à l’égard du gouvernement, il y a de nombreux hiatus entre action nationale et action régionale, même de la part de celle qui devrait procéder de l’Etat, celle des directions régionales. Où doit se situer le domaine des subventions fléchées, décidées à Paris, et où celui des crédits libres, pour que les directeurs régionaux ne se fassent pas dire « mais, à Paris, on nous avait promis... », ouvrant ainsi la brèche au dénigrement.

-  Autre grande affaire, celle de la formation de l’opinion. La commission culture y travaille, bien au-delà du champ culturel, mais sur la base des mécanismes qu’elle y a vu se mettre en œuvre. Les idées qui emportent l’adhésion sont toujours le fait que quelques groupes porteurs, eux-mêmes conformés de façon à pouvoir agréger aussi bien le conventionnel que l’innovant.

C’est ainsi que la critique artistique qui donne le la est plutôt celle de Libération que celle du Monde ou du Figaro. D’une façon plus générale, et en ayant en tête les mécanismes politiques dans leur ensemble, la commission réfléchit à la place à donner, dans nos rangs, à cette capacité d’accueil de l’hétérodoxe, ou, à défaut, quand nous ne voulons pas cautionner ces déviances, d’écoute privilégiée de ceux qui jouent cette partition pour y déceler la prospective ? On attend beaucoup de ce que les autres commissions ou Clubs de province pourront décliner de ce travail dans leur domaine.

-  La recherche, devant faire l’objet d’un projet de loi en 2005, n’a pas manqué de mobiliser les nombreux chercheurs et universitaires des clubs. Retenons quelques points clefs venant du club de Nice, pour mettre l’accent sur l’excellence des travaux (ce qui ne va pas de soi, ce concept ayant été hué lors des ‘assises publiques’ de l’automne dernier), la nécessité d’une évaluation externe des chercheurs, l’urgence de grands programmes mobilisateurs...

-  La commission fonction publique vient de terminer une étude sur ce qu’il faudrait y changer, et ce qu’il faudrait modifier dans la façon dont le monde politique s’en sert, pour qu’on atteigne à la fois l’efficacité, la justice à l’égard de personnes qu’on ne peut pas toutes dépeindre comme des inactifs
-  La nouvelle commission diplomatie a embrassé un thème parmi les plus difficiles, celui de la tonalité à donner à notre posture internationale, pour lui conférer efficacité, sens et intérêt.
A travers des auditions, elle a disséqué le concept de nationalisme dans l’action, un choix voué à l’échec s’il ne sait pas s’habiller d’atours plus économiques ou plus collectifs. Elle a poursuivi sa réflexion sur la notion de puissance, son origine, les voix pour y parvenir.. Elle a enfin abordé le poids du culturel dans la construction de l’hégémonie. Si ces notions semblent aller de soi, elles sont assez éloignées de la pratique quotidienne du ‘Quai d’Orsay’, justifiant l’importance d’un message à destination de nos responsables.
-  La récente commission développement durable s’est, comme prévu, mise en place sous l’égide du sérieux et du possible, sans référence à l’utopie et au rêve. Le premier axe retenu est celui de la sensibilisation des citoyens comme des décideurs au-delà des slogans, sur des programmes incontestables.

-  La commission santé a récemment débattu à nouveau de la loi sur la bioéthique, sujet auquel la science nous contraint nécessairement de revenir en permanence, après ses propositions sur la dépendance....

Le Club reprend en mars la démarche sysiphéenne de dialogue avec l’UMP, pour lui apporter tous ces travaux. Sachons maintenir le flux de ce qui, retenant son attention, modèlera ensuite la France et l’Europe.


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