La crise financière qui se répand depuis un an et la crise économique qui va désormais nous frapper pendant de longs mois échappent évidemment à l’histoire des cycles de conjoncture. Les abus, les comportements dévoyés, la fascination du gain spéculatif, ont une part de responsabilité, certes, mais la violence et l’ampleur du choc trouvent leur origine dans un déséquilibre inhérent au système, déséquilibre entre puissance des joueurs et faiblesse de la règle du jeu.
C’est la fin du « reaganisme » ou du « thatchérisme ». Ce n’est pas, bien au contraire, la fin du capitalisme et de l’économie du marché. Surtout n’allons pas jeter le bébé avec l’eau du bain.
Les dirigeants politiques et ceux qui, comme nous, réfléchissent à moyen terme doivent maintenant mettre en place de nouvelles règles qui seront à la fois juridiques, techniques et éthiques. Car la démonstration a été faite que même le monde de la finance a besoin d’un minimum de morale.
A court terme, je constate aussi avec satisfaction que le sang froid et l’énergie de Nicolas Sarkozy, en tant que Président de l’Union Européenne, ont permis à l’Europe d’exister plus qu’elle ne l’avait fait depuis vingt ans. Malgré la carence des mécanismes de décision, faute d’avoir mis en application le traité de Lisbonne, les hommes qui dirigent l’Europe ont été capables de répondre et d’agir en commun, au moins partiellement. Pour que cette affirmation de l’Europe ne soit pas qu’un feu de paille, il faudra que les institutions relaient les hommes et j’espère que ce sera fait l’année prochaine.
Je souhaite que le Club 89 s’attache à établir des propositions sur la réforme du système économique et financier international et sur la part que l’Europe peut y prendre.
A tous, je dis bonne rentrée et bon travail !
Jacques Toubon
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