A peine élu Président de la République, il s’est employé, avec un mélange de volontarisme et de pragmatisme, à faire sortir l’Europe du « corner » que constituait le non français et néerlandais à la constitution, celle-ci étant, d’ailleurs, à l’origine, une idée française (exprimée notamment au cours d’un colloque du Club 89 autour d’Alain Juppé).
Ce premier acte, qui l’a fait entrer dans la « classe européenne », alors qu’au départ son style choquait (notamment les Allemands) a permis de revivifier la relation franco-allemande. Nicolas Sarkozy et Angela Merkel sont, on ne peut plus, différents, mais tous deux font partie de la même génération de dirigeants européens, qui n’est pas, comme la précédente, marquée par les conflits mondiaux. Ce sont deux pragmatiques qui poursuivent un dialogue très concret et ont trouvé un modus vivendi malgré les rivalités importantes (notamment commerciales) et de graves malentendus (sur l’Union pour la Méditerranée...). Ils savent tous deux que rien n’est possible en Europe sans entente franco allemande, même si les uns regardent plutôt vers le sud et les autres plutôt vers l’est. Nicolas Sarkozy a d’ailleurs compris que l’élargissement à l’est avait d’une certaine manière été ratée, les nouveaux entrants le concevant comme un retour naturel à leur famille après la chute du rideau de fer et les membres plus anciens y voyant surtout une menace sur l’emploi (le « plombier polonais »...).
L’importance que Nicolas Sarkozy attache à la question de l’identité européenne l’amène -c’est encore une rupture par rapport à ses prédécesseurs- à évoquer, sans détour, les origines chrétiennes de l’Europe et la nécessité de donner à l’Union des frontières précises.
Enfin, il souhaite l’avènement d’une véritable diplomatie européenne, adossée à une défense européenne crédible. En tant que président en titre de l’Union, son action, lors de la crise du Caucase, a sans doute évité que se crée en Géorgie une situation semblable à celle des Balkans. Avec le soutien des Allemands, il s’est habilement « inséré » dans une affaire qui concernait plus les Américains et l’Otan, montrant ainsi la place que pourrait prendre, dans le monde, une « Europe -puissance » à côté des Etats-Unis, de la Russie, de la Chine, de l’Inde, du Brésil et la nécessité de situer la politique française dans le cadre européen, ce qui constituerait une sorte « d’extension » de la politique française et une valorisation de cette politique.
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