Ce débat a été relancé dans la société depuis une dizaine d’années, particulièrement depuis le 11 septembre, pour deux raisons essentielles.
• Le religieux occupe une place croissante sur la scène internationale. La plupart des tensions internationales sont à l’origine de questions religieuses. Les islamistes se sont lancées dans une guerre de civilisation (Afghanistan, Irak, ex Union Soviétique, poussée saoudienne en Afrique...). Cette tendance a naturellement un impact en France et notamment dans nos quartiers.
• L’Islam s’est développé dans notre pays avec les différentes vagues de flux migratoires. Situation rendue parfois très difficile par les fondamentalistes : dans les écoles (affaire du voile), dans les hôpitaux, dans les piscines, dans le cadre des concours...
Face à ces difficultés relayées par les élus locaux, Jacques Chirac a tenu à rappeler les principes de la laïcité avec la loi de 2004 (Commission Stasi) : l’Etat se tient à égale distance des cultes. Il n’en reconnaît aucun. Par sa position, Jacques Chirac a réussi à faire de la laïcité une valeur de droite.
Malgré ce riche débat qui a été mené au niveau national, les menaces aux principes de la laïcité ne manquent pas. Nous devons rester, selon notre invité, très vigilants en la plaçant au même niveau que la liberté, l’égalité ou la fraternité. Pour lui, la laïcité doit être une règle incontournable, à la moindre menace dans une école, un service public, une réponse forte doit être apportée. Le principe a été sanctuarisé à l’école, l’université en revanche reste un lieu de débat où la loi n’est pas applicable. De grandes faiblesses sont à noter notamment dans les hôpitaux. Une Charte de la laïcité serait nécessaire dans tous les services publics. C’est avec une telle fermeté sur les principes que l’on pourra être plus souple en matière d’intégration.
En conclusion, François Baroin indique qu’il ne partage pas le thème défendu par Nicolas Sarkozy sur la laïcité positive. La laïcité est pour lui une règle, une valeur absolue, elle ne peut être ni positive ni négative. Parler de laïcité positive en qualité de Président de la république, c’est déjà donner une inclinaison. Notre invité estime que la neutralité du Chef de l’Etat est une exigence constitutionnelle.
Il conclut cette réunion en indiquant que toutes les ruptures ne sont pas bonnes à prendre et que la laïcité ne devrait en aucun cas être remise en cause.
Marina ATTALI
Secrétaire National du Club 89
|