Ils cherchent à se rassurer et certains le font par la recherche d’honneurs officiels.
F. Mitterrand a su admirablement utiliser à son profit la vanité des journalistes. Il disait que l’homme politique qui fait des erreurs peut être battu, le journaliste qui fait des erreurs ne risque rien.
C’est probablement pour cela que les journalistes n’ont pas d’influence. Bush avait toute la presse contre lui, pour les deux élections, surtout la seconde. Or il a été réélu par un raz de marée. A l’inverse Berlusconi qui pourtant contrôle la télévision...
Et la France ?
Balladur en 1995 avait toute la presse avec lui. TF1, c’est connu, mais « Le Monde » aussi. Libération de même. Jospin en 2002 avait aussi la presse avec lui.
Et Sarkozy ? Il trainait des « sortants », n’était pas un homme neuf, et surtout il était le favori depuis longtemps. L’histoire est un riche cimetière de favoris.
Pourtant il a eu la presse pour lui au début parce qu’il était nouveau et intéressait ; bref, il faisait vendre.
A l’approche de l’élection, il a retrouvé son statut de favori maltraité par la presse. Après le débat crucial, les journalistes donnaient Ségolène Royal « gagnante », ce qui n’était pas du tout l’opinion du public.
Ceci est assez particulier à la France où la presse nationale n’est qu’à Paris. C’est très différent aux Etats-Unis, en Allemagne, ou en Italie.
La presse a beaucoup aimé Bayrou, qui, lui aussi faisait vendre. Presque immédiatement après la presse est devenue « royaliste ».
Il ne faut pas croire au mythe de la presse « tenue ». Les journalistes veulent avant tout vendre leurs journaux. Donc la presse était anti-Sarkozy, et cela lui a permis d’adopter une position de victime.
Le débat qui suit est centré sur le fait que la presse, et notamment la télévision est très nettement tendancieuse. Le « politiquement correct » est notoirement une création des médias. La télévision, si elle n’influence pas directement les votes, provoque des comportements impulsifs (J. Toubon). De plus, les idées de gauche sont systématiquement valorisées (M. Ferrier).
Enfin, tout ce qui touche à l’entreprise fait l’objet de présentations systématiquement négatives : licenciements, pollution.
Dernier « dossier » : au moment du référendum sur la Constitution européenne, la presse n’a présenté que des personnes défavorables, et de fait le non l’a emporté.
La réponse de Franz-Olivier Giesbert est que l’influence est plus superficielle et temporaire que profonde et durable, malgré sans doute la volonté de certains journalistes partisans.
Pour certains sujets, comme le référendum et le CPE, l’influence de la presse tient surtout à la très grave carence des politiciens qui ont fait un travail très médiocre.
Pierre DUSSOL
Membre du Comité Directeur
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