Comment rendre l’Etat efficace ?
1-Pour mesurer l’ampleur de la crise que nous connaissons un bon critère est la part de marché de la France dans le commerce de la zone Euro. Elle a chuté de 17% à 14% entre 1999 et 2006. Cela représente une énorme perte de production et aussi de recettes fiscales associées.
La France a un véritable problème de compétitivité : voir le coût de la main d’œuvre en France et en Allemagne. De plus, nous avons un problème d’offre : en France quelques grands groupes et peu d’entreprises moyennes, en Allemagne, des centaines.
Il manque à notre tissu économique une « seconde ligne » de grosses PME.
Les « effets de seuil » leur sont défavorables : passer de 20 personnes à 40, et de 70 à 200 demande de recruter des cadres qui « chargent » les coûts fixes.
Les mesures qui vont dans le bon sens n’ont pas été prises dans les années 90 : pôles de compétitivité, efforts de recherche. Si elles étaient prises maintenant, elles produiraient un effet dans cinq ans. Que faire en attendant ?
Tout passe par les Chefs d’entreprise.
Il faut stimuler l’offre en supprimant ce qui dans notre environnement fiscal décourage les chefs d’entreprise au point qu’ils partent à l’étranger, ou s’ils restent en France, hésitent à entreprendre. En effet, nos PME sont moins profitables que leurs homologues étrangères à cause des charges, comme l’ISF, l’IS, Impôt progressif, et droits de succession.
2-Les remèdes possibles : alléger la sphère publique.
Il y a 5 millions de fonctionnaires ce qui est excessif. L’argent sert à financer des retraites prises trop tôt, des stages parking... L’activité commence trop tard (après 25 ans) et se termine trop tôt aussi : autour de 55 ans. L’Etat devra encourager les partenaires sociaux à discuter de tout cela.
Les pays « émergents » qui représentent 85% de la population mondiale, ont une croissance de 6% par an et les pays européens sont à 2%. Il faut se réveiller !
Le taux de dépense publique en France est de 8 points de PIB au-delà des autres pays de la zone Euro. Pourquoi ? Deux points correspondent à des politiques souhaitables : crèches et scolarité à trois ans. Dissuasion nucléaire aussi. Le niveau de service public est équivalent sur toute la surface du territoire : 10% de la population sur 90 % du territoire.
Il reste 6 points de PIB non expliqués par des politiques souhaitables : l’empilement des structures administratives, pour deux points (le Département pourrait utilement devenir une subdivision des Régions). Les politiques de cessation prématurée d’activité coûtent aussi deux points. Les deux points qui restent : les 35 heures et autres rigidités.
Globalement le secteur public consacre trop d’argent à financer le passé : préretraites, baisses autoritaires de la durée du travail, et pas assez à l’avenir : investissements, recherche, enseignement supérieur professionnalisé.
Les remarques des participants et les questions posées au cours du riche débat qui a suivi l’exposé du Professeur Saint Etienne, montrent qu’il y a vraiment une alternative entre ceux qui pensent que la politique économique de la France doit développer la demande à partir d’une économie stagnante et ceux qui veulent développer l’offre et la production de richesses en général.
Pierre DUSSOL
Membre du Comité Directeur
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